L'ERGO

Volume 2: Numéro 4: le 6 mars 2001

Anglophobie

MATTHEW CLEMENTE

Les emprunts de mots et des expressions à l'anglais par la langue française, les anglicismes, ne sont pas nouveaux. Depuis des siècles, les francophones se trouvent menacés par leurs adversaires anglophones. Dans le Sud-Ouest de l'Ontario, des milliers de jeunes d'écoles françaises sont poussés à s'exprimer en français non par la promotion de la langue française, mais par la renonciation de l'anglais et en favorisant de toute autre langue.

Le phénomène d'anglicismes, selon l'Académie française, remonte jusqu'avant le 18e siècle alors que les mots ajourner, gentleman, lord, et yard, entre autres, ont été empruntés de l'anglais avant l'année 1700. Cependant, seulement 14% des anglicismes d'usage courant ont été introduits avant l'an 1800. Le plus grand pourcentage de mots et d'expressions empruntés à l'anglais par la langue française, 32%, furent empruntés depuis 1950.

Les emprunts sont-ils nuisibles à la langue française? L'Académie française fait remarquer que plusieurs anglicismes répondent à des besoins de la langue française. Certains emprunts contribuent à la langue, alors qu'il n'y a pas d'équivalent français. Nodier fait remarquer que « Confortable est un anglicisme très intelligible et très nécessaire à notre langue, où il n'y a pas d'équivalent. »

Cependant, il existe de nombreux anglicismes « inutiles », avec des équivalents français, tels que bitter, speech et goal.

Dans notre région, très anglophone, les mots et les expressions anglais semblent quasiment des menaces à l'éducation francophone. Par conséquent, certaines écoles françaises essayant de promouvoir la francophonie semblent maudire la langue anglaise. On nous donne l'impression que toute langue autre que l'anglais est acceptable. Les chansons anglaises sont interdites à la radio étudiante de la majorité des écoles. Bien que l'emphase soit sur la musique francophone, comment la musique Christina Aguilera espagnole est-elle acceptable?

C'est bien acceptable, logique et complètement raisonnable qu'une école française encourage le français chez ses étudiants. Mais la condamnation de l'anglais et la promotion de toute autre langue émet le mauvais message.

Si on veut encourager la francophonie, on devrait promouvoir uniquement le français.


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