L'ERGO

Volume 2: Numéro 3: le 8 décembre 2000

Le bénévolat obligatoire

MATTHEW CLEMENTE

En janvier 1998, Ministre de l'Éducation et de la Formation David Johnson a présenté le nouveau curriculum des écoles secondaires. Depuis septembre 1999, tout élève débutant sa neuvième année devra compléter 40 heures d'activités communautaires sur son propre temps libre pour obtenir son diplôme. En plus d'enfreindre la vie des étudiants, rendre obligatoire le « bénévolat » décourage tout plan futur de bénévolat sincère.

Comment définir les « activités communautaires » que devront faire les étudiants? Est-ce l'accomplissement de travail qui, traditionnellement, se faisait gratuitement et sans y être obligé? En obligeant l'activité communautaire afin d'obtenir son diplôme, cette activité n'est plus le bénévolat. Pour ses heures de travail, l'étudiant obtient son diplôme. Au lieu de travailler bénévolement de bonne volonté, les étudiants travailleront vers l'obtention de leur diplôme.

Ou est-ce que l'activité communautaire est plutôt le genre de travail social pour lequel souvent on se fait payer? En ce cas, l'étudiant se retrouve dans un état de servitude involontaire. Non seulement est-ce que cet ouvrage est forcé, mais l'étudiant ne se fait pas payer.

Le bénévolat est sans doute honorable, bienfaisant, altruiste, charitable, important et souvent satisfaisant. C'est aussi une excellente expérience pour son curriculum vitæ et une demande à l'université. Mais lorsque le « bénévolat » est imposé, il perd tout son sens. Le « bénévolat » obligatoire est une contradiction évidente. Les gens devraient servir leur communauté. Mais ils devraient le faire de bonne volonté, sans récompense matérielle. C'est le bénévolat, les activités parascolaires et l'implication dans la communauté qui donnent l'élève un avantage lors des applications à des écoles poste-secondaires.

Étant donné que plusieurs étudiants du secondaire détiennent un emploi à temps partiel durant l'année scolaire, comment auront-ils le temps nécessaire pour accomplir les heures d'activités communautaires requises tout en jouissant de leur adolescence précieuse? Comment est-ce que le gouvernement peut imposer ce fardeau sur les étudiants? Un emploi à temps partiel, où l'étudiant, souvent, ramasse de l'argent pour ses études poste-secondaires, est une plus grande priorité et enseigne des bonnes expériences du monde de travail.

Lorsqu'une tâche est forcée sur une personne, c'est naturel de le considérer comme un fardeau nuisible. Le « bénévolat » obligatoire a un côté négatif clairement défini. Les arguments favorables sont peu et non-substantiels. Comment comparer l'importance des activités communautaires avec les notions acquises dans des cours de mathématiques, de sciences ou de français?


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